water-polo – Ligue mondiale : France – Serbie, ce soir

Soirée de prestige

C’est un jour exceptionnel pour les amateurs de water-polo : les Bleus sont de retour en Alsace près de trente ans après leur dernière apparition. Ils défient, ce soir à Strasbourg, la Serbie, l’actuelle meilleure équipe du monde.

« On va se frotter à ce qui se fait de mieux en ce moment », annonce Florian Bruzzo, l’entraîneur de l’équipe de France de water-polo. PHOTO DNA – Cédric JOUBERT

Près de 900 personnes sont attendues ce soir à la piscine de la Kibitzenau de Strasbourg pour en prendre plein les yeux devant ce France – Serbie comptant pour la 3e journée du tour préliminaire de la Ligue Mondiale.

La dernière apparition des Bleus dans la région remonte aux championnats d’Europe en 1987 à Schiltigheim. Depuis, le water-polo tricolore est resté très discret sur la scène internationale.

Aujourd’hui, l’équipe de France a fait du chemin, du long et du beau. Les coéquipiers de Rémi Garsau restent sur une 9e place à l’Euro du mois dernier à Belgrade.

Du 3 au 10 avril à Trieste, ils disputeront un très relevé tournoi de qualification pour les JO de Rio et ils sont presque assurés d’être présents aux Mondiaux de juillet 2017 en Hongrie.

« On a construit, petit à petit »

« Cela fait 24 ans que la France n’était plus aux JO (Barcelone, 1992) , alors on se doutait bien que pour y revenir, ça allait être un sacré bout de chemin, sourit Florian Bruzzo (33 ans), sélectionneur national depuis juin 2012. Ce qui est bien, c’est qu’on a réussi à rendre cette qualification envisageable alors qu’elle ne l’était plus. »

« Il y a quatre ans, quand j’ai dit qu’on devait ambitionner les JO, tout le monde m’a ri au nez, ajoute-t-il. On a construit, petit à petit. Quand tu viens de loin, comme nous, c’est un parcours du combattant, un chemin de croix. On est parti du plus bas de l’échelle. On ne fait pas partie du gotha où il est plus simple de rester que d’y entrer. »

Le gotha, la Serbie en est la patronne depuis presque une décennie : quatre fois championne d’Europe (dont trois fois d’affilée), deux fois championne du monde et quatre fois vainqueur de la Ligue Mondiale.

« Sur son niveau de jeu, on peut la comparer à l’équipe de France de handball, estime Florian Bruzzo. Il ne lui manque que la médaille d’or olympique, mais je crois qu’il n’y a pas grand-chose qui va l’en empêcher..»

« On ira à la bagarre, on ne baissera pas la tête »

Les poloistes serbes sont des machines. « Même quand ils ne jouent pas bien, ils gagnent, constate le coach tricolore. Quasiment à chaque poste, ils ont les meilleurs du monde. »

Là-bas, le water-polo est le sport national et les internationaux apparaissent dans des pubs à la télé. 18 000 (!) personnes étaient dans les gradins de la Kombank Arena de Belgrade le 23 janvier dernier pour voir la Serbie gagner la finale de l’Euro contre le Monténégro.

Lors de la phase préliminaire, les Français s’étaient frottés aux Serbes. « On perd 16-8, mais on menait 4-3 après la première période, raconte Florian Bruzzo. Après, physiquement, c’était dur avec un gros impact. La marche était trop haute. »

Alors pour ce match de Ligue Mondiale, les Bleus (battus à l’aller en Serbie 12-9, puis dominés par l’Espagne 18-10) vont tenter de rivaliser du mieux possible. « On ira à la bagarre, on ne baissera pas la tête, annonce Florian Bruzzo qui aura deux Strasbourgeois (*) sous ses ordres. On va se frotter à ce qui se fait de mieux en ce moment. Les Serbes sont venus avec leur équipe-type ce qui prouve qu’ils nous prennent au sérieux. »

Dans une Kibitzenau à guichets fermés, c’est une soirée de prestige qui s’annonce.

(*) Romain Blary et Pierre-Frédéric Vanpeperstraete.

Ch.S. DNA le 16.02.2016

Sorry, the comment form is closed at this time.