Water-polo – Ligue mondiale : après France – Serbie (10-15)

Incessants combats

Se battre pour être reconnu, pour rivaliser avec des grosses nations et pour aller dans de grandes épreuves : les Bleus sont en alerte permanente pour exister.

Après avoir largement tenu tête à la Serbie, la France (bonnets blancs) a cédé face aux déferlantes de son adversaire (Prlainovic à gauche, et S. Rasovic, n°3). Photo DNA – Cédric

Mardi soir, après la victoire de la Serbie, la Kibitzenau bruissait de commentaires impressionnés voire élogieux au sujet de l’équipe de France, capable de rivaliser avec la meilleure équipe du monde deux périodes durant, puis de sursauter d’orgueil en 4e période pour éviter un score pharaonique.

« Les défaites triomphantes, ce n’est pas mon truc »

À ce jour, en intégrant la Ligue Mondiale et l’Euro de janvier à Belgrade, les Bleus sont les seuls (avec l’Espagne) à avoir réussi à marquer dix buts aux Serbes.

Face à ces louanges, Florian Bruzzo, sélectionneur national des Bleus depuis 2012, affiche un sourire poli. « Les défaites triomphantes, ce n’est pas mon truc. On ne peut pas se réjouir d’un échec, même d’un but. Mardi, à la fin de la troisième période, on est dans les cordes, on était en train de se perdre. »

« Avant, on avait des séquences de deux-trois minutes où on était bons avant de retomber, poursuit-il. Maintenant, on arrive à avoir des périodes entières où on est efficaces, mais on ne parvient pas encore à avoir quatre périodes vraiment accomplies. Il reste encore du boulot… »

Le boulot en question est de ne pas encaisser de série, comme cet horrible 7-0 qui a permis à la Serbie de siffler la fin de la récréation et de prendre le match à son compte. « Nos temps faibles sont trop faibles, grimace Bruzzo. On descend trop bas alors qu’on est capables de monter très haut. Il faudrait pouvoir réguler. »

C’est précisément pour gommer ces mauvaises tendances et pour progresser que les Bleus disputent cette Ligue Mondiale, une épreuve organisée par la Fina (*) où les nations payent pour participer.

« Notre grand combat, c’était d’être inscrit dans cette épreuve, même si ça coûte, explique le sélectionneur. L’objectif sportif est de prendre de l’expérience et de se confronter aux meilleurs pour, un jour, pouvoir rivaliser avec eux. »

Dans le groupe B, la France, après quatre journées, ferme la marche du classement avec trois défaites. Il lui reste à affronter deux fois le Monténégro (le 14 mars à Nice puis le 26 avril) et une fois l’Espagne (le 10 mai à Limoges).

Cap sur le TQO de Trieste

Ces trois échéances seront autant d’occasions pour les Tricolores (9e nation européenne depuis fin janvier) de travailler leurs points forts et faibles.

« Il y a le jeu, mais il y a aussi le contexte, insiste Florian Bruzzo. Les joueurs se sont approprié le projet. L’équipe de France, c’est eux. Elle est ce qu’ils ont envie qu’elle soit. »

« Après la dernière olympiade, tout le monde disait qu’il fallait tout changer, que les mentalités et les attitudes n’étaient pas bonnes, le niveau pas bon, etc., poursuit-il. Je ne faisais pas le même constat même s’il y avait des problèmes et des freins. Je pense qu’il fallait faire vieillir cette équipe. Le water-polo est un sport à maturité tardive. L’idée était de garder les mêmes joueurs et de se projeter sur quatre ans. »

Qui dit olympiade dit Rio, en août prochain. Et c’est à Trieste (Italie), du 3 au 10 avril, que les Français vont tenter l’exploit qui consistera à se qualifier pour les JO brésiliens.

Versés dans la poule A avec la Hongrie, le Canada, la Russie, la Roumanie et la Slovaquie, les coéquipiers de Romain Blary devront être dans le dernier carré, sinon ils regarderont les Jeux à la télé.

« Aux yeux des institutions, des clubs et du water-polo, on a rendu cette chose envisageable, conclut Florian Bruzzo. Ce qui, en soi, a déjà été un grand combat… »

(*) Fédération internationale de natation

Ch.S. DNA le 18.02.2016

Le chiffre

5

C’est le nombre de mètres en moins que comptait le bassin du match entre la France et la Serbie, mardi à la Kibitzenau. D’habitude, le water-polo se joue dans un bassin de 30×20 m, mais la Fédération internationale teste du 25×20 m sur la Ligue mondiale.

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