Water-polo – Anaïs Saint-Martin Willer

Jan 25, 2017 par team_user Categorie: Non classé 0 comments

Exil gagnant à l’Ouest

Depuis le début de la saison, l’Illkirchoise Anaïs Saint-Martin Willer (17 ans) a rejoint Bordeaux pour continuer sa progression dans un sport qui, décliné en mode féminin, n’a rien à envier à ces messieurs.

Sans titreAnaïs Saint-Martin Willer a une idée derrière la tête : jouer en équipe de France. DoC. Remis

Elle aurait pu continuer à tourner sur les barres asymétriques, à tutoyer la poutre, dompter le saut de cheval et évoluer au sol.

Mais quand elle assiste pour la première fois à un match de water-polo, Anaïs Saint-Martin Willer sait que les jours sont comptés pour la gymnastique, son sport du moment.

La scène se passe à Strasbourg, à la piscine de la Kibitzenau. « J’étais au collège, en 6e , se souvient-elle. J’ai vu un match de l’équipe féminine de la SNS. Puis un autre et encore un autre. J’aimais bien, je me suis dit “Pourquoi ne pas essayer ?”, d’autant que j’avais envie d’arrêter la gymnastique. »

De son propre aveu, elle ne nage pas « super bien » à cette période. Mais la native de Strasbourg et citoyenne d’Illkirch se jette à l’eau et s’entraîne avec les seniors sous la houlette d’Elie Carreau. « C’était dur, sourit-elle. Je n’avais pas l’âge pour jouer en équipe première alors j’ai évolué en mixité de 13 à 15 ans. »

La dissolution de l’équipe féminine de la SNS l’oblige à un premier exil. Elle passe deux saisons à Longwy (Nationale 1) avec des matches contre Échirolles, Choisy-le-Roi et les équipes réserves de Lille, Nice et Nancy.

Elle fait ses valises avec ses bons bulletins

Entraînée par Stéphanie Foucault et Christophe Pierret, Anaïs progresse vite. « Je me retrouve dans le sept de base et je me construis une expérience. Dans le jeu, je me spécialise au poste de défenseur-pointe. » Repérée par les sélectionneurs, elle entre également dans l’équipe de la zone Est dont elle deviendra la capitaine.

Le water-polo féminin n’existant plus à Strasbourg, elle met le cap sur Bordeaux où une section sport-études a ouvert. « C’était une belle occasion à saisir, on a envoyé un dossier avec mes bulletins. » Ces derniers étant bons, Anaïs peut faire ses valises.

Depuis la rentrée, elle émarge à l’Union Saint-Bruno, un vieux club omnisports de la Belle Endormie. On y joue au tennis, au handball et au basket-ball.

La section natation dispose de deux bassins dont un de 50 mètres dans la Piscine Judaïque Jean Boiteux, construite dans les années 30.

Au menu de l’Illkirchoise : huit entraînements par semaine, trois séances de musculation et des matches d’entraînement. Quand elle est revenue pour Noël en famille, certains de ses proches se sont émus de la voir avoir pris autant “de caisse”.

De retour à Bordeaux, quelques bredele l’ont accompagnée avant de terminer dans l’estomac de ses coéquipières.

Avec les joueuses françaises ainsi qu’une Néo-Zélandaise, une Espagnole et une Canadienne, Anaïs s’entraîne avec l’équipe “Une (Pro A) sous la direction de Benoît Cornier. À sept reprises, elle a figuré sur la feuille de match. « Dans l’effectif, on est nombreuses à être nées en 1999. Les entraîneurs font des rotations. »

À son poste, elle se frotte aux meilleures avants de pointe du championnat. Ça pousse, ça tourne, les bras s’emmêlent, les jambes aussi. L’empoignade est féroce, parfois plus que chez les garçons. Doublure de l’Espagnole Bartolomé Ortunez, Anaïs prend des exclusions et son fait d’arme a été « de provoquer une contre-faute de la Lilloise Clémence Clerc », l’une des meilleures gâchettes du championnat.

Depuis le week-end dernier, elle joue avec l’équipe “Deux” qui s’est élancée en Nationale 1 à Angers. Cerise sur le gâteau : elle y est allée de son but, du haut de son mètre 69 réparti sur 59 kilos.

En Pro A, Bordeaux vise le titre avec Lille en rival prioritaire. Ce samedi soir, place à la finale de la Coupe de la Ligue dans le bassin nordiste. La saison prend une autre dimension. Et au mois de juin, ce sera le Bac S au Lycée Notre Dame de Bordeaux.

« Je n’ai aucun regret d’avoir fait ce choix, conclut “Anana”s (son surnom officiel). Bordeaux est une ville agréable. Physiquement, techniquement, je sens que j’ai progressé. »

Au point de commencer à rêver d’équipe de France. « C’est une petite idée que j’ai derrière la tête », sourit-elle. On la comprend.

CH.S.

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