National – Le Racing prépare son retour dans le monde professionnel

L’Eurométropole au soutien

Robert Herrmann, le président de l’Eurométropole, entend accompagner le retour du Racing dans le monde professionnel. La démarche n’écarte pas une réflexion sur le sport de haut niveau à Strasbourg et dans ses alentours.

Le stade de la Meinau aura besoin d’un toilettage coûteux si le Racing monte en Ligue 2 mais l’Eurométropole, en tant que propriétaire, assumerait. Photo archives DNA

Il était dans la tribune présidentielle de la Meinau, vendredi, à côté de nombreux élus. Et comme tous les Alsaciens, le scénario de la défaite face à Amiens lui est resté en travers de la gorge avec ce but au bout des arrêts de jeu qui a empêché la fin d’une longue pénitence.

Robert Herrmann n’a néanmoins pas perdu l’espoir de voir le club phare de la région revenir à la normalité en réintégrant la Ligue 2 et en même temps le professionnalisme. Il manque un point à récolter lors des deux matches à venir, à Belfort le vendredi 27 mai et face à Dunkerque le vendredi 3 juin.

Cela semble jouable. Et du côté de l’institution qu’il préside, l’Eurométropole, le premier adjoint au maire, on se tient prêt. Robert Herrmann ne tourne pas autour du pot concernant les investissements nécessaires en tant que propriétaire du stade de la Meinau. « Nous avons étudié les besoins pour une éventuelle montée : en termes de sécurité mais aussi au niveau des projecteurs, il faut envisager des aménagements qui s’élève entre 1,1 et 1,2 million d’euros, souligne l’élu. Il faut que la Ligue Nationale de Football ou encore la Fédération Française de Football se pose des questions, comme d’autres organisateurs d’ailleurs, quand je vois la demande d’une nouvelle table de marque pour la SIG. On est à un moment où toutes les collectivités locales ont des difficultés économiques. Et les fédérations comme les ligues n’arrêtent pas d’en rajouter des couches. Mais l’Eurométropole n’empêchera pas le Racing de monter ! »

Un geste fort envers le Racing

L’ancien adjoint au sport, sous l’ère de Catherine Trautmann, constate une surenchère : « Vous avez eu l’impression que le match face à Amiens s’est déroulé dans le noir ? » Il envisage tout de même d’accompagner l’effort réalisé par les actionnaires privés dans le club strasbourgeois, ainsi que l’image nettement moins écornée qu’il renvoie. Aussi, l’idée d’un petit coup de pouce financier fait-il également son chemin pour récompenser la démarche qui, de 2012 à 2016, a permis de redresser la barre.

Sachant que l’enveloppe consacrée au sport (de l’ordre de 4,4 millions d’euros en excluant les piscines, soit 1% des dépenses) ne ressemble pas à un puits sans fond, l’Eurométropole a au programme un geste fort en préparation pour son conseil de juin.

« Je ferai cette proposition à l’exécutif avec un effort nécessaire, significatif mais pas démesuré, parce que le Racing est bien géré, parce que ses dirigeants ont investi leur argent et parce qu’avec l’engouement qu’il suscite, le club participe au rayonnement de la ville et de la région, poursuit Robert Herrmann. Je sais que cette orientation ne fait pas l’unanimité. Mais il y a le besoin de mener une réflexion par rapport à l’éparpillement financier qui affecterait le sport de haut niveau à Strasbourg et dans sa propre région. »

On ne serait pas loin de l’heure des choix avec le retour du Racing dans le professionnalisme. Le président de l’Eurométropole refuse de maintenir durablement nombre de clubs dans l’illusion. Il y aura des arbitrages. À côté du foot, du basket, il n’y a peut-être pas une place pour un grand club de water-polo, de hockey, de rugby et d’autres disciplines, tout du moins avec un fonctionnement dépendant de l’argent public.

Des arbitrages à faire

« Nous sommes dans une ville où le privé peut se tourner vers la culture, l’associatif ou d’autres biais pour communiquer, constate Robert Herrmann. Il y a une grosse concurrence et les clubs dépendent souvent trop de l’argent public. On ne va pas continuer à bidouiller alors que l’Eurométropole n’est pas porteuse de la politique sportive puisque c’est la Ville. Le débat pourra faire des mécontents mais c’est bientôt l’heure des choix. » Il paraît clair que celui du Racing Club de Strasbourg football s’avère évident.

Fr.N. DNA le 19.05.2016

 

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